Qualité de l’air et déconfinement

En temps normal, le trafic routier peut représenter jusqu’à 80% de la pollution liée au transport et la principale source de pollution notamment en ÎLE-de-France. Selon une étude de Airparif, si le niveau des émissions a diminué jusqu’à 4 fois pendant le confinement, ces émissions reviennent à leurs niveaux habituellement observés avec le déconfinement en ÎLE-de-France. Cette tendance se retrouve dans les autres régions françaises avec des niveaux plus ou moins équivalents en fonction de la reprise. Avec 4 à 5 fois moins d’émissions de polluants en moyenne qu’un bus diesel à l’utilisation, l’autobus électrique est une des réponses à ces enjeux d’amélioration de qualité d’air.  

L’enjeu de l’amélioration de la qualité de l’air est prégnant en cette période de déconfinement causée par la COVID-19. Des réponses fortes à cet enjeu sont attendues. La justice administrative pourrait contraindre l’État à renforcer les mesures de qualité d’air existantes jugées trop faibles alors même que la précédente Ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, annonçait le 2 juillet en période de déconfinement un renforcement de ces mesures (zones à faibles émissions, subventions aux associations de surveillance de la qualité de l’air, etc.). Elles doivent permettre de répondre aux enjeux de santé publique liés aux dépassements réguliers des seuils réglementaires dans les grandes agglomérations et dans les bassins industriels. 

ÎLE-de-France : des émissions divisées par 4 pendant le confinement

Une étude sur la qualité de l’air conduite par Airparif1 concernant les émissions de différents polluants atmosphériques (oxydes d’azote, dioxyde d’azote, particules fines PM10 et PM2,5 et CO2) par le trafic routier met en lumière la remontée progressive de ces polluants en Ile-de-France suite au début du déconfinement. L’étude a été menée du 11 mai 2020 jusqu’au 31 mai 2020.  

Les concentrations en polluants atmosphériques avaient brutalement diminuées lors du confinement. La qualité de l’air s’était alors fortement et rapidement améliorée dans la région durant cette période. Les observations montrent que les émissions d’oxydes d’azote et de particules ont été divisées par 4 par rapport aux niveaux habituellement observés tandis que les émissions de CO2 ont baissé de 33%. Les concentrations restantes correspondaient essentiellement aux autres sources de pollutions et dépendent des conditions météorologiques. 

7 % de baisse des concentrations en particules

Déconfinement qualité air

Avec le déconfinement et la reprise d’activité, le trafic routier a repris progressivement pendant ces 3 semaines et a ainsi influé sur la qualité de l’air. Airparif a alors pu observer la hausse remarquable des concentrations en polluants atmosphériques en lien avec la hausse du trafic routier dès le 11 mai, 1er jour du déconfinement. Cette hausse est variable en fonction du type de polluant observé.  

Les émissions d’oxydes d’azote et de particules sont ainsi revenues à 80% de leurs niveaux habituellement observés et même à 100% pour certains jours sur le boulevard périphérique. Les émissions de CO2 ont augmenté à 80% de leurs niveaux habituels. 

Dans le même temps, les concentrations en polluants ont évolué dans la région. Les concentrations en particules sont revenues à leurs niveaux habituels. La baisse observée des concentrations en dioxyde d’azote est passée de -25% à -15% entre le confinement et la période de déconfinement. Les concentrations en particules sont revenues à leurs niveaux habituels après une baisse de 7% pendant le confinement. Tous les niveaux d’émissions reviennent à leurs niveaux habituellement observés dans Paris et sur les grands axes avec le déconfinement.  

Qualité de l’air en France

Qualité air

Les effets bénéfiques du confinement sur la qualité de l’air ont pu être observés dès les premiers jours sur l’ensemble du territoire français. 

Les concentrations de dioxyde d’azote ont diminué de moitié dans le Centre-Val de Loire2, dans les Hauts-de-France3  ainsi que dans le Grand Est4 et jusqu’à 88% sur certains capteurs en Guadeloupe5. Ces tendances sont d’autant plus marquées dans les agglomérations au niveau des grands axes routiers quelle que soit l’agglomération observée. 

Les concentrations en oxydes d’azote ont diminué de 50 à 70% en Auvergne-Rhône-Alpes7, ont montré une très nette baisse allant même jusqu’à près de 50% dans les zones urbaines de Bourgogne-Franche-Comté8, et jusqu’à 65% en Normandie9

Les concentrations en particules fines sont en revanche restées stables ou ont connu peu de variation sur la France en raison des conditions météorologiques qui jouent un rôle important dans leurs concentrations et des émissions de certains secteurs restés actifs. 

Suite au déconfinement, les concentrations des différents polluants observées remontent partout en France dès le 11 mai. Cependant elles restent toujours à des niveaux inférieurs à la situation d’avant le confinement en raison de la reprise partielle d’activité. Les observations montrent des augmentations plus rapides le long des axes routiers très fréquentés et dans les centres urbains. 

Emissions et mobilité électrique

Le confinement a montré les bienfaits de la baisse du trafic routier en termes de pollution atmosphérique avec une amélioration générale de la qualité de l’air en France pendant cette période, ainsi que la baisse du bruit améliorant la qualité de vie à proximité. 

Selon l’ADEME, les émissions de CO2 sont 4 à 5 fois inférieures pour un bus électrique que pour un bus diesel lors de l’utilisation. C’est pourquoi la Loi d’Orientation des Mobilités (Loi LOM) adoptée en novembre 2019 porte l’objectif de développer des transports collectifs à faibles émissions. L’investissement dans des parcs d’autobus électriques à batterie, qui peut être pris en charge par le Programme MoéBUS porté par Vertigo, est un des leviers permettant de répondre à ces objectifs. Les collectivités sont au premier plan pour diriger les déplacements vers l’utilisation des modes de déplacements doux et à faibles émissions de polluants atmosphériques agissant ainsi sur la qualité de l’air. 

Date de publication : 08/07/2020

RÉFÉRENCES : 1 Evaluation de l’impact du déconfinement sur la qualité de l’air en Ile-de-France, Airparif, 10 juin 2020 / 2 Bilans (par grande agglomération et régional) de l’impact du confinement sur la qualité de l’air, Lig’Air, 18 juin 2020 / 3 Impact du déconfinement sur la qualité de l’air en Hauts-de-France, ATMO Hauts-de-France, 12 juin 2020 / 4 Evolution de la qualité de l’air sur le Grand Est depuis le 17 mars 2020 – Bilan au 25 mai, ATMO Grand Est / 5 Evaluation de l’impact du confinement sur la qualité de l’air en Guadeloupe, Gwad’Air / 6 Coronavirus lockdown leading to drop in pollution across Europe, ESA, 27 mars 2020 / 7 Suivi de l’évolution de la qualité de l’air 3 semaines après le déconfinement, ATMO Auvergne-Rhône-Alpes, 3 juin 2020 / 8 COVID-19 : Quels impacts du confinement sur la qualité de l’air, ATMO Bourgogne-Franche-Comté, 18 mai 2020 / 9 Evaluation de l’impact sur la qualité de l’air en Normande suite à la mise en place de mesures de confinement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19 Bilan au premier mois de confinement, ATMO Normandie, 21 avril 2020

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