Panorama 2018 de l’Ademe sur le parc d’autobus : l’électrique en progression

Une nouvelle étude de l’Ademe dresse un état des lieux du parc et du marché des autobus urbains en fonction des différentes technologies : carburants, gaz et électrique. Cette étude s’adresse à tous les acteurs du milieu de l’autobus urbain (autorités organisatrices de la mobilité, exploitants de transports en commun etc.) et vient remplacer le précédent panorama datant de 2015.  

Les bus en chiffres

Un premier chiffre : 86% des liaisons urbaines sont assurées grâce à des autobus qui sont majoritairement des bus dits « standards » de 12 mètres (70% du parc national). Pour les autobus de 12 mètres et plus, le recours au gaz est important et atteint 17% du parc, 7,3% pour l’hybride et 1,6% pour l’électrique. Le parc des moins de 12 mètres fonctionne encore majoritairement au gazole (91%) mais les énergies alternatives progressent  : 7% sont des autobus électriques et 1% des autobus fonctionnant au gaz.

Un marché en pleine expansion

Depuis le précédent panorama, l’offre d’autobus électriques s’est étoffée et 28 constructeurs se partagent désormais le marché des autobus, tous gabarits confondus. De nombreuses autorités organisatrices de la mobilité ont lancé des marchés de renouvellement de tout ou partie de leur flotte. La maturité de ce marché a entraîné un fort développement de la technologie batterie et de son autonomie qui reste une des problématiques essentielles avec celle du temps de chargement. C’est finalement sur ce dernier point que la recherche d’optimisation s’oriente, l’Ademe estime ainsi à environ 10% la diminution annuelle du prix des batteries jusqu’en 2030, si le marché de l’autobus électrique continue son expansion.

Autobus électriques : écologie et rentabilité

Cependant l’autobus 100 % électrique présente un réel surcoût à l’achat par rapport à un autobus diesel. Ce surcoût est estimé à 100.000€, mais selon les dernières projections les prix d’achat entre les modèles diesels et électriques vont converger d’ici 2025. De plus, le pack batteries à renouveler tous les 7 ans engendre un surcoût supplémentaire supérieur à 100.000€. La solution électrique demande également des formations spécifiques – écoconduite, contrôles mécaniques, entretien – représentant un surcoût d’environ 12.000€.

En revanche, les coûts d’entretien et d’assurance des véhicules électriques sont inférieurs à ceux des véhicules diesel en raison d’une conception plus simple.

Le gain économique majeur de la solution électrique se fait sur le poste énergie dont la facture énergétique est plus de cinq fois moins élevés que pour les véhicules thermiques, en prenant en compte le différentiel de prix et de fiscalité des énergies. La possibilité de mutualisation des stations de charge est une autre opportunité pour diminuer les coûts d’exploitation.

Sur les coûts, l’étude de l’Ademe dresse un bilan complet et indique que l’autobus électrique devient rentable à partir d’un certain kilométrage quotidien.

Comparaison des coûts de détention entre deux technologies de bus électriques et un bus diesel avec prise en compte des coûts externes. Le bus électrique apparait alors comme moins cher que le bus thermique
Comparaison des coûts de détention entre deux technologies de bus électriques et un bus diesel avec prise en compte des coûts externes (sur 8 ans, 250 km/jour) © Transport & Environment

Une seconde étude, faite par Transport & Environment (voir graphique ci-dessus), prend en compte l’ensemble des coûts des différentes solutions en incluant le coût climatique ainsi que les coûts externes relatifs à la santé tels que la pollution ou les nuisances sonores. Il en ressort que malgré un investissement initial plus important les bénéfices en termes de climat et de santé publique compensent largement ce surcoût.

En effet, un bus électrique consommant 1,5 kWh/km émettrait, au roulage, environ 85 g de CO2 par km parcouru lorsqu’un bus thermique émettrait environ 1 200 g de CO2/km, soit 93% de plus. L’Ademe précise cependant qu’une étude menée par l’IFPEN qui indique qu’en prenant en compte les cycles de fabrication l’écart de CO2 entre les deux solutions serait plus faible. La différence resterait tout de même conséquente car l’émission de CO2 par km parcouru d’une personne prenant un bus électrique serait 6 fois moins élevée qu’avec une solution thermique.

MoéBUS, en accompagnant l’acquisition de ces autobus électriques participe ainsi à la diffusion d’une des solutions d’avenir pour l’homme et son environnement.

ETude Ademe :https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/panorama_autobus_urbain_2018.pdf

Auteur F. OLIVE 
22 mai 2019